
Ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai le réflexe d’en faire un billet d’humeur sur ce blog mais c’est pourtant depuis plusieurs semaines que ce soit-disant « buzz » m’afflige… Évidemment, c’est de Susan Boyle et de son passage à l’émission Britain’s Got Talent dont je parle!
Pour ceux qui reviendraient à l’instant d’une longue immersion au plus profond de la forêt amazonienne et n’auraient pas encore entendu parler de cette vidéo, une petite mise à jour s’impose. En tout cas, selon une écrasante majorité d’internautes et de médias…
Avant toute chose, et contrairement à ce qui a été mille fois affirmé, Britain’s Got Talent n’est pas l’équivalent anglais de La Nouvelle Star mais il s’agit plus exactement de l’émission qui – rendons à César ce qui est à César – donnera lieu à son adaptation française nommée « Incroyable Talent » et diffusée sur M6.
Ensuite, la mise en scène est tellement flagrante qu’il n’y a, selon moi, aucun crédit à apporter à ce piètre moment de télévision. Si Susan Boyle semble réagir de bonne foi, les questions très orientées du jury et sa réaction d’étonnement surjouée lorsque Susan entame sa performance ne laissent aucun doute sur les intentions de l’équipe de production. Par ailleurs, à défaut du jury, celle-ci était assurément en totale connaissance du talent de Madame Boyle puisque la présence de cette dernière a forcément été conditionnée par un casting préalable…
Tout ce cinéma me laisse donc bien perplexe mais y étant habitué, je ne serai pas choqué outre-mesure si ces quelques minutes de manipulation n’avaient pas donné lieu à un tel buzz sur les blogs et les réseaux sociaux. Sans le moindre esprit critique, la vidéo a circulé à une vitesse folle, tout le monde s’extasiant niaisement sur ce simulacre et révélant ainsi que, être âgée et habillée de façon ringarde sont deux caractéristiques qui sont, selon la logique populaire, incompatibles avec le fait de savoir chanter… C’est dire à quel point l’apparence a pris le pas sur le reste! Pire encore, les médias traditionnels, y compris les plus sérieux (exemple: RTBF Info), ont relayé l’information, versant dans la facilité et le sensationnalisme.
A défaut d’une conclusion en bonne et due forme, je tiens simplement à partager mon agacement face à ces buzz, à l’effet de masse qui les sous-tendent et, parallèlement, à la difficulté qui semble en découler et qu’ont désormais parfois les gens à s’extasier de choses pourtant plus simples et plus proches.



Le stockage longue durée des déchets radioactifs en couche géologique profonde, tout un concept!
Ce sera mon coup de gueule du soir! Le 6 septembre 2010, se termine la consultation publique de l’ONDRAF (Organisme National des Déchets RAdioactifs et des matières Fissiles enrichies) concernant le stockage des déchets nucléaires belges. Peu évoquée dans les médias, elle concèrne pourtant d’une décision cruciale… Le projet envisagé consisterait à stocker ces déchets de manière définitive dans des couches argileuses à une profondeur de 220 mètres, en Campine.
Rappelons qu’on ne sait pas vraiment quoi faire de ces déchets créés par la filière nucléaire (à 95% pour la production d’électricité) dont une partie (le plutonium-239) a une durée de vie qui se chiffre à plus d’une centaine de milliers d’années (100 000) (demi-vie: 24110 ans), soit l’âge de l’Homo Sapiens! Et pourtant, en quelques centièmes de cette durée, quelle quantité d’histoire a été écrite? Combien de révolutions, de civilisations bâties puis tombées en déchéance, de langues crées ou disparues? De déplacements de peuples, de guerres, d’inventions et de créations mais aussi d’oublis? Et on envisage de stocker en toute sécurité et pendant 200000 ans des déchets qui n’auront pourtant nourri une soif morbide d’énergie de quelques décennies à peine? Alors, regardons en face cette filière nucléaire que l’on subit, ce cadeau empoisonné qu’on nous emballe à coups de campagnes marketing – « Le nucléaire, pour ou contre? » – que nous finançons indirectement via son puissant lobby…
Comment oser envisager des solutions à aussi long-terme en aval alors qu’en amont, les décisions sont toutes prises avec un court-termisme et des considérations électoralistes dont l’ordre de grandeur en Belgique dépasse péniblement l’année?
Envie d’agir?