Le stockage longue durée des déchets radioactifs en couche géologique profonde, tout un concept!

Tihange

Ce sera mon coup de gueule du soir!  Le 6 septembre 2010, se termine la consultation publique de l’ONDRAF (Organisme National des Déchets RAdioactifs et des matières Fissiles enrichies) concernant le stockage des déchets nucléaires belges.  Peu évoquée dans les médias, elle concèrne pourtant d’une décision cruciale…  Le projet envisagé consisterait à stocker ces déchets de manière définitive dans des couches argileuses à une profondeur de 220 mètres, en Campine.

Rappelons qu’on ne sait pas vraiment quoi faire de ces déchets créés par la filière nucléaire (à 95% pour la production d’électricité) dont une partie (le plutonium-239) a une durée de vie qui se chiffre à plus d’une centaine de milliers d’années (100 000) (demi-vie: 24110 ans), soit l’âge de l’Homo Sapiens!  Et pourtant, en quelques centièmes de cette durée, quelle quantité d’histoire a été écrite?  Combien de révolutions, de civilisations bâties puis tombées en déchéance, de langues crées ou disparues?  De déplacements de peuples, de guerres, d’inventions et de créations mais aussi d’oublis?  Et on envisage de stocker en toute sécurité et pendant 200000 ans des déchets qui n’auront pourtant nourri une soif morbide d’énergie de quelques décennies à peine?  Alors, regardons en face cette filière nucléaire que l’on subit, ce cadeau empoisonné qu’on nous emballe à coups de campagnes marketing – « Le nucléaire, pour ou contre? » – que nous finançons indirectement via son puissant lobby…

Comment oser envisager des solutions à aussi long-terme en aval alors qu’en amont, les décisions sont toutes prises avec un court-termisme et des considérations électoralistes dont l’ordre de grandeur en Belgique dépasse péniblement l’année?

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Susan Boyle, le buzz orchestré et gratuit…

Susan Boyle

Ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai le réflexe d’en faire un billet d’humeur sur ce blog mais c’est pourtant depuis plusieurs semaines que ce soit-disant « buzz » m’afflige…  Évidemment, c’est de Susan Boyle et de son passage à l’émission Britain’s Got Talent dont je parle!

Pour ceux qui reviendraient à l’instant d’une longue immersion au plus profond de la forêt amazonienne et n’auraient pas encore entendu parler de cette vidéo, une petite mise à jour s’impose.  En tout cas, selon une écrasante majorité d’internautes et de médias…

Avant toute chose, et contrairement à ce qui a été mille fois affirmé, Britain’s Got Talent n’est pas l’équivalent anglais de La Nouvelle Star mais il s’agit plus exactement de l’émission qui – rendons à César ce qui est à César – donnera lieu à son adaptation française nommée « Incroyable Talent » et diffusée sur M6.

Ensuite, la mise en scène est tellement flagrante qu’il n’y a, selon moi, aucun crédit à apporter à ce piètre moment de télévision.  Si Susan Boyle semble réagir de bonne foi, les questions très orientées du jury et sa réaction d’étonnement surjouée lorsque Susan entame sa performance ne laissent aucun doute sur les intentions de l’équipe de production.  Par ailleurs, à défaut du jury, celle-ci était assurément en totale connaissance du talent de Madame Boyle puisque la présence de cette dernière a forcément été conditionnée par un casting préalable…

Tout ce cinéma me laisse donc bien perplexe mais y étant habitué, je ne serai pas choqué outre-mesure si ces quelques minutes de manipulation n’avaient pas donné lieu à un tel buzz sur les blogs et les réseaux sociaux.  Sans le moindre esprit critique, la vidéo a circulé à une vitesse folle, tout le monde s’extasiant niaisement sur ce simulacre et révélant ainsi que, être âgée et habillée de façon ringarde sont deux caractéristiques qui sont, selon la logique populaire, incompatibles avec le fait de savoir chanter…  C’est dire à quel point l’apparence a pris le pas sur le reste!  Pire encore, les médias traditionnels, y compris les plus sérieux (exemple: RTBF Info), ont relayé l’information, versant dans la facilité et le sensationnalisme.

A défaut d’une conclusion en bonne et due forme, je tiens simplement à partager mon agacement face à ces buzz, à l’effet de masse qui les sous-tendent et, parallèlement, à la difficulté qui semble en découler et qu’ont désormais parfois les gens à s’extasier de choses pourtant plus simples et plus proches.

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Earth Hour: une cause noble, une action contre-productive?

Earth Hour logo

Hier, vous avez peut-être participé à l’action Earth Hour organisée par le World Wide Fund for Nature (plus connu sous le sigle WWF) en éteignant vos lumières entre 20:30 et 21:30. Ce faisant, vous aurez démontré votre sensibilité aux problématiques environnementales et c’est tout à votre honneur. D’ailleurs, l’idée part d’une bonne intention mais on peut craindre que, telle que présentée, elle s’avère presque contre-productive…

Un total de 75 pays ont participé aux 60 minutes pour la terre dont la Belgique pour laquelle on a estimé à 500 000 le nombre de ménages belges ayant joué le jeu cette année. Comme s’en félicite le WWF, c’est donc un signal fort qui est envoyé au monde politique.

Seulement, dans les faits, si on demande aux participants d’expliquer le principe de l’action, peu de gens sont capables de l’expliquer et se rendent compte qu’il ne s’agit que d’une action de sensibilisation. Pour beaucoup d’entre-nous, l’action rappelle vaguement celle nommée « bougies pour la liberté » qui consiste à afficher une bougie allumée à sa fenêtre le 10 décembre, journée internationale des droits humains.  Comme c’est souvent le cas avec les actions d’Amnesty International, on y joue principalement sur la mobilisation massive pour sensibiliser à une cause (droits de l’homme, torture, peine de mort, prisonniers politiques, etc) ou faire pression (afin d’obtenir une libération, etc).  Puisque l’écologie est – à juste titre – dans l’air du temps et que le principe de l’action est aussi simple que peu contraignant, la participation à Earth Hour s’en voit renforcée.

Pourtant, l’action semble aux yeux de certains faire une réelle différence, et ce au delà du message adressé aux politiques.  Or, soyons clair, il n’en est évidemment rien: 60 minutes représentent à peine 0,01% d’une année ce qui est donc négligeable en terme de consommation d’énergie.  Pire, les consignes de participation n’évoquent que l’extinction de l’éclairage ce qui représente environ 15% de la consommation électrique d’un ménage.  A titre de comparaison, si on additionne les besoins énergétiques du lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur et surgélateur, 65% sont cette fois en jeu.  Autant dire que le simple fait de faire sécher son linge à l’extérieur quand c’est possible ou de dégivrer régulièrement son congélateur sont des gestes qui auront bien plus d’influence sur l’environnement et la facture d’électricité.  Autrement dit, le risque de concentrer autant d’effort de communication sur une action aussi ponctuelle n’est-il pas de détourner l’attention du public de l’objectif principal?

En effet, n’est-il pas absurde d’en arriver à devoir demander aux gens et aux entreprises volontaires de se priver d’éclairage pendant une heure par an pour rappeler au plus grand nombre que notre mode de vie met en péril l’environnement et les générations futures et qu’il est temps d’agir?  Tout ça sans compter que, plus techniquement, c’est la stabilité de tout le réseau électrique qui est mise à l’épreuve en début et fin d’action…

Ne vaudrait-il donc pas mieux communiquer sur des réflexes plus simples, plus efficaces et surtout plus cohérents?  Ne faudrait-il pas faire un effort de pédagogie supplémentaire afin d’aider les citoyens que nous sommes à comprendre comment tous les défis sont liés et à identifier quels sont les bons comportements à adopter?

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